lundi 11 mars 2024

La contribution des batteries de VE au stockage et à l'équilibre du réseau électrique.

Avec 10 ans de retard sur le Japon, les USA, le Royaume Uni ... la technologie V2X arrive enfin en France. L'occasion d'ajouter une brique de plus à la démarche CoopéractiVE d'accompagner les territoires vers l'autonomie énergétique en intégrant le potentiel de stockage des batteries de VE dans les boucles d'autoconsommation collective et de contribuer ainsi à l'équilibre du réseau électrique.


Le V2G (Vehicule to Grid), c'est quoi ? Alain Thoral, responsable Solutions Energie chez Mobilize, vous présente cette technologie qui sera développée avec la commercialisation de la Renault 5 en 2024.  ( L'Argus )
En neuf questions et réponses simples, devenez incollable sur le sujet.
📕Au sommaire de cette vidéo : 
00:00 Introduction 00:31 Qu’est ce que le Vehicle-to-Grid (V2G) ? 00:48 Comment fonctionne le V2G ? 01:14 Quelles actions doit réaliser l’utilisateur ? 01:57 Quel est le risque pour la batterie ? 02:27 Ma voiture peut-elle se retrouver complètement déchargée ? 02:55 Combien coûte la borne Mobilize qui autorise le V2G ? 03:30 Quelles sont les économies promises ? 03:49 L’électricité de ma voiture renvoyée dans le réseau sert-elle à alimenter ma maison ? 04:17 Quand le service sera-t-il opérationnel ?

lundi 4 mars 2024

Livre blanc sur l'autoconsommation collective et les communautés d'énergie.

publié par l’association Think Smartgrids en collaboration avec la FNCCR

Le document est un livre blanc sur l’autoconsommation collective (ACC) et les nouvelles perspectives offertes par les communautés d’énergie en France, publié par l’association Think Smartgrids en collaboration avec la FNCCR.
L’ACC permet de partager une production d’électricité locale entre plusieurs producteurs et consommateurs situés dans un même bâtiment ou à proximité géographique, en se regroupant au sein d’une entité juridique appelée Personne Morale Organisatrice (PMO).
L’ACC présente de nombreux avantages pour les acteurs du territoire, tels que renforcer leur indépendance énergétique, accélérer le développement des énergies renouvelables, maîtriser le coût de l’électricité, sensibiliser les citoyens à la transition énergétique et offrir des services de flexibilité au réseau électrique.
Le livre blanc fait un état des lieux de l’ACC en France, présente les nouveaux acteurs et offres de services, analyse les technologies clés et les pistes pour favoriser le développement des projets, et discute des apports potentiels des directives européennes introduisant les communautés d’énergie citoyennes et renouvelables.
Le livre blanc formule également un ensemble de recommandations pour lever les freins existants et faciliter le déploiement de l’ACC, notamment sur la formation et l’accompagnement des acteurs, les évolutions réglementaires souhaitées, les innovations sociales, contractuelles et de marché, et les outils et dispositifs de soutien

Autoconsommation collective et communautés d'énergie, une dynamique de territoire (Energaïa 12/2023)


Avec la crise énergétique, l’autoconsommation photovoltaïque collective connaît une belle croissance pour permettre en partie de limiter la hausse du coût de l’énergie. Mais elle peut être davantage encouragée pour accélérer la transition énergétique et comme outil de lutte contre la précarité énergétique. Cette table ronde permet de faire le point sur les avancées de la réglementation, les innovations techniques et les dynamiques de territoire.

 Table ronde organisée en partenariat avec le pôle DERBI

 Animateur : Jean-Louis BUSQUET, rédacteur en chef de Plein Soleil 
  •  Éclairage sur la réglementation de l’autoconsommation collective
  • Concrètement, comment se monte une opération d’autoconsommation collective ?
  • L’optimisation de l’autoconsommation collective grâce aux outils numérique
  • L’autoconsommation collective dans les territoires ruraux
  • Retours d’expériences du Parc Naturel Régional Corbières Fenouillèdes, une collectivité facilitatrice de l’autoconsommation collective et de la société Enogrid
Intervenants :
Frédéric LECLERC, Avocat associé du cabinet, IN'NOVA
Clémence SOUID-PONCELIN, Animatrice de réseau - Énergies citoyennes, ECLR OCCITANIE
Benoit FROIDUROT, Chef du service Smartgrids, Stockage et Efficacité énergétique du bâtiment, CEA LITEN
David AUGEIX, Président, INCIDENCES
Jordan MAZARDO, Directeur adjoint, PARC NATUREL RÉGIONAL CORBIÈRES FENOUILLÈDES
Rémi BASTIEN, Président & Co-fondateur, ENOGRID

L’autoconsommation collective pour les entreprises : il est temps de passer à la pratique

 Tribune de François FERRARI, Cabinet d’Avocats ACTAH, ACTAH Lawyers Office reproduite par le blog de TECSOL: 

L’autoconsommation pour les particuliers se développe car elle représente une alternative intéressante à long terme. Pour les entreprises, les exemples sont beaucoup moins nombreux malgré deux facteurs fortement incitatifs : l’augmentation très sensible du prix de l’électricité et la baisse importante du prix des panneaux photovoltaïques depuis 18 mois.

Chaque projet d’autoconsommation d’entreprise est unique

Ce mode de production d’énergie présente l’avantage de ne pas être astreint aux contraintes spécifiques liées à l’obligation d’achat. Toutefois, une opération d’autoconsommation envisagée par une entreprise doit répondre à un certain nombre de critères pour être rentable et donc aisément finançable. Le premier point à envisager est naturellement la structure de la consommation électrique de l’entreprise. Le montant du global de la consommation est une indication mais elle est insuffisante. La production photovoltaïque présente une courbe significative, bien connue de tous. Il faut déterminer, notamment pour calculer la puissance à installer, comment l’électricité est consommée. À ce niveau, chaque entreprise est unique. Il n’existe pas de formule standard. Les dossiers sur lesquels nous avons travaillé ont permis, en collaboration avec des bureaux d’études techniques, d’envisager des solutions calculées au plus près des besoins de chaque site. Par exemple, un centre logistique équipé de chambres froides s’est vu appliquer des solutions très différentes de celles envisagées pour un centre commercial.

Les outils juridiques existent pour une optimisation en interne


L’expérience des divers dossiers permet d’affirmer que des solutions techniques et juridiques sont systématiquement trouvées. Il est possible de prendre pour exemple la construction du siège social d’une entreprise concevant, faisant fabriquer et distribuant des accessoires informatiques. Le siège comporte deux zones distinctes : des bureaux abritant les ingénieurs, les commerciaux, les services comptables,… Et une zone de réception des marchandises, de conditionnement et d’emballage. Les surfaces de toiture du site permettent d’installer près de 200 kWc de panneaux solaires. Cette puissance excède largement les besoins de l’entreprise. A court terme, aucun stockage sur batterie n’est prévu. La réflexion menée avec l’installateur de la centrale a été la suivante, à court et moyen terme. La zone de bureau nécessite une climatisation tout au long de l’année. En revanche, la zone de réception stockage et conditionnement des marchandises sera chauffée ou rafraichie uniquement en cas de température extérieure extrême.

Le besoin en énergie augmentant avec la présence des salariés dans l’entreprise, il est évident que la centrale photovoltaïque ne peut fournir en hiver l’énergie nécessaire en début de matinée ou en fin d’après-midi. C’est la raison pour laquelle est prévu un accord d’entreprise : les salariés disposant de véhicules électriques et souhaitant mettre leurs capacités de stockage à disposition de l’entreprise bénéficieront d’un complément de recharge lorsque la production photovoltaïque sera à son maximum. En pratique, un salarié arrivant sur site avec un véhicule chargé à 70 %, accepte que durant les premières heures de la journée de l’énergie soit prélevée sur son véhicule qui bénéficiera, quelques heures plus tard, d’une recharge et quittera l’entreprise avec 90 % de charge. Ainsi, la capacité de stockage du véhicule est utilisée pendant les heures sans soleil, mais le salarié est bénéficiaire dans cette opération puisqu’il dispose d’une recharge partielle gratuite. Juridiquement, tous les outils existent pour mettre en œuvre cette solution. Les véhicules autorisant la décharge de leur batterie vers une borne restent, pour l’instant, extrêmement rares. Il serait toutefois dommage de ne pas prévoir, dès la conception de la centrale, les équipements nécessaires.

Les outils juridiques existent pour utiliser au mieux toute l’énergie produite


La puissance installée étant sensiblement supérieure aux besoins, il a été fait appel aux autres entreprises situées dans la même zone d’activité. La réponse a été immédiatement positive et, une nouvelle fois, l’opération est profitable à tous. Une entreprise située sur une parcelle jouxtant celle de la centrale a ainsi conclu, dans le cadre d’une opération d’autoconsommation collective, un contrat lui permettant d’acheter son électricité à un prix qui ne variera pas dans les années à venir. En outre, cette énergie est beaucoup moins chère que la meilleure offre réseau. L’avantage pour l’entreprise disposant de la centrale est évident : les surplus d’énergie sont valorisés à un prix supérieur à celui de l’obligation d’achat. Les deux parcelles étant voisines, le TURPE ne vient pas grever l’équilibre économique de l’opération. Une troisième entreprise, elle aussi située dans le périmètre réglementaire de l’autoconsommation collective, achèvera de consommer les kWh restants.

Ceux produits le week-end pourraient être distribués localement. Les conventions établies pour l’autoconsommation prévoient dès le départ que le site producteur pourra, à terme, être équipé d’un dispositif de stockage, lui permettant d’autoconsommer davantage ce qui, mécaniquement, fera baisser la quantité d’énergie, mise à disposition des partenaires. Toutefois, ce projet a l’intérêt de démontrer aux autres entreprises situées sur le site les avantages d’une opération d’autoconsommation maîtrisée afin qu’elles deviennent productrices. Un accompagnement juridique, fiscal et financier est nécessaire car les établissements bancaires finançant ces opérations découvrent ce nouveau mode d’exploitation d’une centrale photovoltaïque. Cependant, dès à présent, tous les outils juridiques existent et sont fiables.

mercredi 24 janvier 2024

Agir ensemble, sur tous les fronts, pour déployer sans délai les énergies renouvelables pour toutes et tous, et dans tous les pays.

 


Les participants à la conférence qui s’est tenue au Collège de France, en décembre dernier à l’occasion du « 50ème anniversaire du congrès de l’UNESCO en 1973 - Le soleil au service de l’Homme » lancent un « Appel à agir ensemble » qu’ils vous invitent à signer et à faire signer. Voici le texte de l’appel : 

« La terre baigne dans un océan d’énergie qui nous vient du soleil : la lumière. Elle permet la vie sur terre, façonne la nature et les paysages. Elle est au cœur de l’existence même de l’humanité, lui fournissant nourriture, énergie, santé, bonheur. Elle est aussi à l’origine de la formation du pétrole, du charbon et du gaz, nous offrant ces cornes d’abondance dont l’utilisation sans limite nous a conduit aujourd’hui au bord du gouffre climatique du fait de l’accumulation, sans cesse croissante dans l’atmosphère, du gaz carbonique dégagé par leur combustion. 

L’humanité doit ainsi faire face au dérèglement climatique fulgurant qui en résulte et à son cortège de catastrophes, déjà en cours, et qui n’ira qu’en s’aggravant si nous ne réagissons pas de manière urgente et collective. La solution n’est pas de creuser toujours plus, mais de lever les yeux à nouveau vers le soleil, et de nous tourner vers les énergies renouvelables qui en sont issues, qu’elles soient directes comme la conversion photovoltaïque ou thermique, ou indirectes comme l’éolien, l’hydraulique, la biomasse auxquelles il faut ajouter la géothermie. Associées à l’indispensable maîtrise de l’énergie, elles sont l’une des principales solutions pour limiter les impacts de l’humanité sur le climat et la biodiversité. 

D’immenses progrès ont été réalisés ces dernières décennies, qui font qu’aujourd’hui l’humanité dispose de moyens accrus pour capter et transformer plus efficacement l’énergie du soleil. Inabordables en matière de coût il y a encore peu, les énergies renouvelables sont désormais compétitives par rapport aux énergies traditionnelles. De plus, la ressource solaire est illimitée à notre échelle, distribuée dans tous les pays du monde, et apte à satisfaire l’ensemble des besoins de l’humanité. 

Pourtant leur progression demeure trop lente. Des pays entiers, baignés de soleil, s’alimentent encore en énergies fossiles, d’autres n’ont même pas encore complètement accès à l’électricité. Quant aux pays industrialisés, ils sont toujours largement dépendants des énergies fossiles alors que, pour eux aussi, les énergies renouvelables sont abondamment disponibles.

Comment agir, comment aller plus vite ? Est-ce que la disponibilité des techniques, le développement industriel, la volonté politique, la finance ou la recherche, seront à la hauteur pour porter l’accélération indispensable ? Nous pensons qu’un élément essentiel à sa réussite reste à amplifier : il s’agit de l’engagement au cœur de la société des citoyens eux-mêmes. Ce sont eux qui bâtiront les fondations les plus solides pour réussir la transition énergétique et écologique. Sans leur adhésion, leur implication, leur détermination, la transformation sera beaucoup trop lente et n’aboutira pas. Qu’y a-t-il de plus mobilisateur que de pouvoir produire de l’énergie localement, sur le toit d’une maison, d’une école, avec une ferme solaire ou éolienne, ou à partir d’une biomasse gérée durablement ? 

Un vaste mouvement d’adhésion à cette perspective, associé au souci d’une utilisation efficace, écologique et responsable de l’énergie, permettra également de conduire à l’évolution indispensable des comportements vers plus de sobriété et de partage. Le développement actuel des associations citoyennes et des initiatives portées par les collectivités locales préfigure le mouvement d’ampleur qui doit se développer et bouleverser les habitudes établies pour créer cette dynamique dont l’humanité a besoin. 

Nous appelons à une mobilisation collective sans précédent des citoyens au niveau mondial, à des coopérations renforcées à tous les niveaux de la société, avec l’ensemble des forces économiques, sociales et politiques, l’éducation et la recherche.

Nous demandons aux gouvernements de prendre la mesure de cet engagement citoyen et de mettre en place le cadre politique et économique qui permettra d’en amplifier les résultats.

Nous devons agir ensemble, sur tous les fronts, pour déployer sans délai les énergies renouvelables pour toutes et tous, et dans tous les pays. 

Collège de France, 12 décembre 2023 » 

Pour signer cet « Appel à agir ensemble »

jeudi 4 janvier 2024

Interview d'André JOFFRE fondateur du bureau d’études TECSOL ( Plein Soleil )

Fin décembre 2023, André Joffre a fêté ses soixante-dix ans dont près d’un demi-siècle à défendre avec passion et acharnement la cause de l’énergie solaire. 

L’occasion de faire le point avec le fondateur du bureau d’études TECSOL sur le marché actuel, lui à qui l’on doit la nouvelle formule consacrée de l’avènement actuel des « Trente Glorieuses » du solaire ! Décryptage.


Plein Soleil : Alors André Joffre, l’énergie solaire est définitivement sur les rails. Nous venons d’entrer dans les « Trente Glorieuses » du solaire. Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

André Joffre : Le solaire est l’énergie d’aujourd’hui et de l’avenir. En quelques années à peine, cette énergie propre et durable est devenue la plus compétitive de la planète et elle va le devenir encore davantage. Le phénomène de baisse des prix n’est pas près de se tarir. D’aucuns évoquent une asymptote. Que nenni ! A fin décembre et sur un an, les prix de gros des modules photovoltaïques ont été divisés par deux. Et il n’est pas question de dumping. Nous assistons à une arrivée massive de très grandes capacités de production dans une industrie de transformation dont la matière première, le silicium, deuxième matériau le plus présent sur terre après l’oxygène, est très bon marché. Le coût dépend donc du volume de transformation. Plus on fabrique, plus les coûts diminuent.

Et les volumes deviennent considérables sur le secteur. Qui plus est, avec le ralentissement de l’activité dû au Covid, les stocks de modules sont très importants avec plus de 70 GW entreposés dans les hangars européens. Sans oublier la deuxième jambe de la croissance industrielle continue qui est l’innovation, avec les records de rendement photovoltaïques qui tombent de mois en mois et améliorent encore la rentabilité.

Il n’y a aucune raison pour que cela s’arrête. Croyez moi, l’heure sera bientôt venue où un toit photovoltaïque sera moins cher qu’un toit en tuiles. 

« Il y a urgence à déployer du solaire »

Plein Soleil : Le problème est que toutes ces giga-unités de production se déploient en Asie et pas en Europe. Quid de la souveraineté énergétique du pays ?

André Joffre : Il est certain qu’aujourd’hui les ordres de grandeur des usines chinoises, déjà existantes, à plusieurs dizaines de gigawatts et ceux des projets d’usines européennes autour des 5 gigawatts par an n’ont absolument rien de comparable. Il n’est pas question d’attendre les panneaux européens pour développer le marché car la demande est là. Il y a urgence à déployer du solaire.

Aujourd’hui, les modules pèsent moins de 25 % du prix d’une installation, tout le reste est à mettre au crédit des entreprises françaises ou européennes du BTP, des systèmes de fixation ou même de l’électronique de puissance avec Schneider, SMA ou Fronius... Une centrale construite en France produit de l’électricité française. Dans la logique de la plaque européenne, l’électricité solaire produite à Perpignan, c’est du gaz, et donc du CO2, économisé en Allemagne.

Plein Soleil: Quelles conditions seraient alors nécessaires à une véritable éclosion d’une industrie solaire européenne ?

André Joffre : Il faut impérativement créer les conditions d’un marché. Le coût de l’investissement n’est pas un sujet. Les technologies et les usines sont identiques, nous avons même des fournisseurs de matériels en Europe. Ce qui garantit la viabilité d’un industriel c’est avant tout la confiance dans ses propres marchés. Regardez ce qu’il se passe avec l’IRA (Inflation Reduction Act) aux Etats-Unis. Les industriels européens et Chinois s’y installent. Meyer Burger a même différé son implantation prévue en Europe pour s’installer aux US. Le gouvernement subventionne certes l’activité mais il s’est surtout engagé sur un plan public extrêmement volontariste jusqu’en 2032.

En France, nous avons eu trop d’atermoiements, nous sommes plombés par le dogme du mix déjà fortement décarboné par le nucléaire. La France est le seul pays européen à ne pas avoir atteint ses objectifs en termes de renouvelable. Il y a mieux pour stimuler les industriels.

Alors oui, on peut évoquer des barrières douanières autour du contenu CO² ou du travail forcé des Ouïghours. Mais le fond du problème n’est pas là. Avant toute chose créons aux industriels un vrai marché, avec une montée en puissance rapide, avec une vraie loi d’accélération dynamique, et pas seulement 2 ou 3 GW par an.

Pour sa prochaine PPE, la feuille de route de la France doit s’emparer des objectifs ambitieux de la directive européenne à 45 % d’EnR dans le mix en 2030. Il n’y a pas d’alternative.

« Les collectivités et les territoires aspirent à se réapproprier l’énergie »

Plein Soleil : Dans ce contexte, la percée de l’autoconsommation en France ne pousse-t-elle pas à l’optimisme ?

André Joffre : C’est certain. Elle montre déjà l’appétence du public, les particuliers ou les professionnels, pour l’énergie solaire avec une progression de 77% au premier semestre 2023 par rapport à la même période 2022. Les gens ont été échaudés par les hausses des prix de l’électricité. Ils se sont aperçus qu’une électricité chère, cela pouvait arriver.

L’activité a été multipliée par 4 dans les entreprises, elle a même été plus marquée que dans le résidentiel. Après vous savez, le sujet de l’autoconsommation va au-delà du simple fait de produire des électrons. Il est question de partage, d’échange et de gestion de l’énergie sur fond d’énergie numérique. A ce titre, l’autoconsommation collective attire fortement les collectivités et les territoires qui aspirent à se réapproprier l’énergie. Là encore, le carcan administratif, véritable millefeuilles fait de procédures, de permis en tous genres et de normes techniques à n’en plus finir n’a pas lieu d’être. Regardons les dispositifs européens qui nous conduiraient à diviser par deux le temps de réalisation des projets.

Plein Soleil : Un dernier mot sur le manque de personnels qualifiés et sur la formation ?

André Joffre: Premier point positif, nos métiers attirent les jeunes collaborateurs en quête de sens. Ils sont heureux de contribuer à lutter contre le réchauffement climatique.

Après il faut multiplier les écoles d’ingénieurs, les formations de techniciens, d’installateurs et d’électriciens.  Il faut dynamiser l’activité des plateformes pédagogiques, doper leur capacité. Nous manquons cruellement de formateurs qualifiés. Là aussi, il est urgent d’y remédier.

Avec le pôle DERBI, nous menons en ce sens des actions collectives avec la Région Occitanie. Si l’offre n’est pas au rendez-vous, nous ouvrons la porte aux éco-délinquants.

Les pouvoirs publics doivent être en alerte sur ces sujets, ils doivent faire le ménage. Il y a un vrai danger. Nous avons besoin plus que tout, d’une offre bien structurée portée par des gens de qualité bien formés.